Agence de l'eau :qualité des boues biterroises
SUR LES BOUES DE BEZIERS
révélations de l’agence de l’eau
RAPPEL
Le contenu des égouts biterrois, avant d’être déversé dans l’Orb (le fleuve qui traverse Béziers) est traité par une STEP (station d’épuration). On appelle « boues » le résidu de ce traitement. Les boues biterroises étaient autrefois utilisées en tant que matière fertilisante sur les sols cultivés. Si l’agglo Béziers Méditerranée veut désormais les brûler, c’est parce que ces boues seraient polluées par un petit nombre de métaux lourds et ne pourraient donc plus, contrairement à la grande majorité des boues françaises, être valorisées comme fertilisant agricole.
Sur ce point l’agence de l’eau nous apporte de très édifiantes révélations
.
LES AGENCES DE L’EAU
Ce sont des établissements publics du Ministère de l’Environnement. Leur mission est de protéger les ressources en eau et les milieux aquatiques et donc de réduire les pollutions aquatiques de toutes origines. Chaque agence de l’eau (Il y en a 6 en France) s’occupe d’une partie de l’hexagone. Béziers se trouve dans le territoire de l’agence Rhône Méditerranée Corse (RMC). L’agence de l’eau RMC vient de publier un rapport intitulé « Qualité des boues recyclées des stations d’épuration urbaines sur les bassins Rhône Méditerranée Corse : évolution de 2000 à 2014 ».
REVELATIONS
Dans ce rapport on peut lire que :
1- Au sortir des stations d’épuration les boues sont ou bien enfouies en décharge (C’est rare) ou bien brûlées (C’est plus fréquent) ou bien valorisées comme fertilisant sur des sols cultivés (C’est très fréquent).
2- 98,5% des stations d’épuration ont produit, en continu, des boues de qualité conforme à l’arrêté du 08/01/98.
3- 70% des collectivités ont produit …des boues de qualité suffisante …pour fabriquer du compost normé, soit d’une qualité 3 à 8 fois supérieure à l’arrêté de 1998.
Remarque de l’ABCPSE : pourquoi Béziers et sa STEP font-elles partie de la petite minorité qui produit des boues de mauvaise qualité ?
4- Entre 2.000 et 2.014 la quantité des polluants métalliques dans les boues de la zone Rhône Méditerranée Corse a beaucoup reculé : cadmium – 10%, chrome – 22%, plomb – 44, 7 %, mercure – 48%, etc.
Remarque de l’ABCPSE : Ce ne sont pas les habitations qui jettent des métaux lourds à l’égout. Seules certaines entreprises produisent ce genre de déchets. Pourquoi l’agglo, légalement chargée de la police des égouts, ne met-elle pas fin au déversement par ces entreprises de polluants métalliques dans le réseau d’égout ?
Nous avons découvert que l’agglo, par arrêtés et par conventions, autorise de nombreux industriels à jeter à l’égout leurs déchets liquides. Même GAZECHIM, usine chimique du Capiscol, classée Seveso seuil haut (donc officiellement très dangereuse) et même l’usine Metallic Sud Industrie (également installée au Capiscol) qui utilise des métaux lourds et en rejette dans ses déchets, ont obtenu des autorisations de déversement à l’égout. Et cela alors que les entreprises n’ont pas le droit d’utiliser le réseau d’égout et doivent légalement traiter elles-mêmes les résidus (qu’ils soient solides, liquides ou gazeux) de leur activité industrielle.
Ainsi, parce que l’agglo permet à des industriels de polluer les égouts, les boues et l’Orb nous devrions accepter qu’en brûlant les boues elle pollue aussi l’air que nous respirons tous?
CONCLUSION
Dans ses conclusions le rapport de l’agence de l’eau observe que les boues recyclées dans la zone Rhône Méditerranée Corse sont d’une qualité très satisfaisante et continuent à s’améliorer. C’est pourquoi entre 2009 et 2014 la part des boues utilisées pour la fertilisation agricole est passée de 56% à 63%. Pour progresser dans cette voie, l’agence de l’eau recommande de renforcer les investigations sur l’origine des pollutions observées dans les égouts et invite à orienter ces investigations surtout vers les activités industrielles et artisanales.
C’est bien ce que fait l’ABCPSE et avec votre aide nous augmenterons la pression pour que cessent les déversements industriels dans le réseau d’égout.

